Tenerife n’est pas qu’une île de soleil et de papas arrugadas (ces pommes de terre ridées, symboles des Canaries, servies avec une sauce mojo picón qui vous fait oublier la gravité). Sous ses côtes escarpées, là où l’Atlantique se heurte aux falaises de basalte, se cache un monde où les bulles de votre détendeur se mêlent aux souffles des tortues vertes et aux danses des raies pastenagues. Les 10 meilleurs spots de plongée sous-marine à Tenerife ne sont pas qu’une liste : c’est une invitation à plonger dans l’âme volcanique de l’île, où chaque immersion raconte 5 millions d’années d’histoire géologique… et quelques siècles de contrebande, de pêche artisanale et de fiestas qui durent jusqu’à l’aube.
Ici, la plongée n’est pas réservée aux pros en combinaison sèche. Que vous soyez un débutant tremblant devant votre premier giant stride ou un technical diver en quête de grottes sulfureuses, Tenerife offre des sites aussi variés que ses paysages terrestres – des plages de sable noir de Puerto de la Cruz aux falaise sous-marines de Los Gigantes, où les baleines pilotes viennent parfois saluer les plongeurs. Et entre deux explorations, on se régale d’un gofio escaldado (une soupe traditionnelle à base de farine de maïs grillé) dans un guachinche (ces restaurants familiaux cachés dans les collines), où les pêcheurs locaux échangent des histoires de vieja (un poisson endémique) et de calamares a la plancha arrosés de vin malvasía.
Entre laves et légendes : pourquoi Tenerife est un musée sous-marin
Plonger à Tenerife, c’est comme feuilleter un livre de géologie en 3D. L’île, née des entrailles de la Terre, exhibe ses coulées de lave sous-marines comme des sculptures abstraites, colonisées par des anémones violettes et des murènes jaunes. À El Puertito, près d’Adeje, les tortues vertes – stars locales – se laissent observer à moins de 10 mètres, tandis qu’à Tabaiba, les grottes volcaniques abritent des langoustes canariennes (plus grosses et plus sucrées que leurs cousines méditerranéennes). Les locaux racontent que ces tunnels étaient autrefois utilisés par les guanches (les premiers habitants de l’île) pour cacher leurs trésors… ou leurs morts. Aujourd’hui, ce sont les plongeurs qui y cherchent l’or – sous forme de coraux noirs ou de bancs de barracudas argentés.
Mais Tenerife, c’est aussi une île où la plongée se vit au rythme des fiestas. En février, pendant le Carnaval de Santa Cruz (le deuxième plus grand au monde après Rio), les centres de plongée organisent des inmersiones temáticas – des plongées déguisées, où vous pourriez croiser un diablo (démon local) nageant aux côtés d’une raie aigle. Et en août, lors de la Fête de la Vierge del Carmen (patronne des pêcheurs), les ports s’illuminent de processions flottantes, tandis que sous l’eau, les plongeurs déposent des offrandes de fleurs sur l’épave du Condesito, un chalutier coulé près de Los Cristianos qui abrite désormais des mérous géants. Ici, même les traditions ont un pied dans l’océan.
Explorez les Canaries comme jamais avec ce guide nouvelle génération ! Nos experts locaux vous dévoilent l’âme véritable de cet archipel fascinant : villes coloniales chargées d’histoire, dunes dorées, forêts primaires mystérieuses et cratères majestueux vous attendent. Bien plus qu’un simple guide touristique, ce compagnon de voyage révèle les îles secrètes préservées des foules et propose des itinéraires sur-mesure île par île. Dormez dans des maisons typiques coup de cœur, savourez la cuisine locale dans d’authentiques chiringuitos, randonnez sur les pentes volcaniques et découvrez des plages aux sables blanc ou noir. Observation des baleines, spots de surf confidentiels, dégustation dans les bodegas… Une invitation à rencontrer l’archipel et ses habitants pour une odyssée canarienne inoubliable !
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Playa de las Teresitas : où les tortues deviennent vos guides de plongée (même pour les débutants)
Imaginez un ruban de sable doré, importé saharien, bordé de palmiers et baigné par une eau turquoise où les tortues vertes glissent comme des ombres bienveillantes. Playa de las Teresitas, à 10 minutes de Santa Cruz, est ce genre de lieu où la nature joue les professeurs de plongée. Ici, pas besoin d’être un pro : les eaux calmes et peu profondes (3 à 12 mètres) en font un spot idéal pour une plongée avec tortues à Playa de las Teresitas, niveau débutant. Les centres locaux, comme Bucaneros Dive Center, proposent des baptêmes à 45€ avec un moniteur qui vous tiendra la main (littéralement) pendant que vous flottrez au-dessus des barracudas et des poissons-perroquets.
Mais attention, ce n’est pas Disneyland sous-marin. Les tortues, surtout Caretta caretta, sont sauvages et protégées. Les locaux vous le diront avec un mélange de fierté et d’agacement : « No tocar, solo mirar » (« Ne pas toucher, juste regarder »). Une règle qui s’applique aussi aux sebadales (herbiers de posidonie), ces « poumons de la mer » que les pêcheurs traditionnels respectent depuis des générations. D’ailleurs, si vous plongez tôt le matin, vous croiserez peut-être Don Rafael, un vieux pêcheur de San Andrés, qui vend encore son cherne (poisson local) grillé sur la plage pour 8€ l’assiette, accompagné de papas arrugadas (pommes de terre ridées au sel). Un rappel que la plongée ici, c’est aussi une immersion culturelle.
Petit conseil d’initié : combinez votre session avec une dégustation au Restaurante El Burgado, où la vieja sanada (vieille locale, un poisson blanc) est cuisinée dans du sel volcanique. Le propriétaire, Carlos, est un ancien plongeur qui vous racontera comment les épaves de la Seconde Guerre mondiale près de Los Gigantes attirent maintenant les raies pastenagues. Une transition parfaite vers votre prochaine aventure…
Los Gigantes et ses abysses : épaves, grottes et l’appel du vide (pour plongeurs confirmés)
À l’ouest de Tenerife, les falaises de Los Gigantes plongent dans l’océan comme des gratte-ciel naturels, créant un décor dignes des récits de Jules Verne. Sous l’eau, c’est encore plus spectaculaire : des grottes sous-marines, des tunnels de lave et des épaves comme celle du SS America (un cargo coulé en 1942), transformées en réifs artificiels grouillants de vie. Les centres comme Dive Academy Tenerife proposent des explorations à 60-80€ pour les plongeurs confirmés, avec des descentes entre 18 et 40 mètres. Prévoyez une lampe torche : dans la Cueva de los Camarones, les crevettes aveugles et les murènes vous observeront avec une curiosité presque philosophique.
L’histoire de ces eaux est aussi sombre que fascinante. Les falaises étaient autrefois un repaire de pirates (comme le célèbre Amaro Pargo, un corsaire canarien du XVIIIᵉ siècle), et les épaves racontent des naufrages liés aux batailles de l’Atlantique. Aujourd’hui, les pêcheurs de Puerto de Santiago utilisent encore des techniques traditionnelles, comme les nasas (pièges en osier), pour capturer les lapas (patelles) et les burgaos (bernicles). Si vous plongez en février, vous tomberez peut-être sur la Fiesta de la Candelaria, où les villageois jettent des offrandes à la mer pour apaiser La Virgen del Carmen, patronne des marins. Un mélange de superstition et de respect qui donne une dimension presque mystique à chaque immersion.
Pour les amateurs d’adrénaline, la Tabaiba Wreck (un chalutier coulé en 1997) est un incontournable. À 30 mètres de fond, ses structures rouillées abritent des meros (mérous) géants et des bancs de sargos. Les courants peuvent être forts, alors réservez cette plongée aux jours de mer calme (vérifiez les prévisions sur Windguru). Et si vous sortez de l’eau avec l’appétit d’un ogre, direction le Restaurante El Guanche, où le gofio escaldado (une soupe traditionnelle à base de farine de maïs grillé) vous réchauffera les os. Oui, même aux Canaries, on peut avoir froid après une plongée.
Puerto de la Cruz : baptêmes à 40€ et l’art de ne pas faire le poisson pané
Si vous cherchez un mix entre accessibilité et authenticité, Puerto de la Cruz est votre spot. Les centres PADI comme Ocean Lava Dive Center proposent des baptêmes à 40€ ou des explorations à 70€ pour les plongeurs autonomes. Ici, on plonge souvent près de la Playa Jardín, une plage de sable noir (oui, volcanique) où les viejas (poissons endémiques) nagent entre les rochers comme des danseurs de flamenco. L’avantage ? L’eau est rarement en dessous de 18°C, même en hiver, grâce aux courants chauds de l’Atlantique.
Mais Puerto de la Cruz, c’est aussi une ville où la plongée se marie avec la dolce vita. Après votre session, promenez-vous sur la Plaza del Charco, où les vieux Canariens jouent aux dominos sous les lauriers-roses. Arrêtez-vous au Café Europa pour un barraquito (café local avec lait concentré, cannelle et Licor 43) en regardant les vagues se briser sur les digues. Et si vous avez un peu de temps, visitez le Mercado Municipal pour acheter des quesos ahumados (fromages fumés) ou des mojos (sauces piquantes) à rapporter. Parce que yes, la plongée, c’est bien, mais la gastronomie canarienne, c’est le vrai trésor.
« Plonger à Tenerife, c’est comme lire un livre d’histoire sous l’eau. Les épaves sont des pages, les grottes des chapitres, et les tortues… des gardiennes silencieuses. » — Javier, moniteur chez Dive Academy Tenerife, ancien pêcheur reconverti.
Quand plonger à Tenerife ? Spoiler : même en décembre, l’eau est à 20°C
La meilleure saison pour plonger à Tenerife ? Toute l’année. Grâce aux alizés et au courant des Canaries, la température de l’eau oscille entre 18°C en hiver et 24°C en été. Mais chaque période a ses charmes :
- Printemps (mars-mai) : Eaux cristallines, peu de touristes, et la chance de voir des calamars géants près de El Médano.
- Été (juin-août) : Idéal pour les débutants (mer plate), mais évitez juillet si vous détestez la foule. Les Fiestas de la Virgen del Carmen (16 juillet) transforment les ports en scènes de fêtes maritimes, avec des bateaux décorés et des feux d’artifice.
- Automne (septembre-novembre) : Saison des mantas (raies mobulas) près de La Caleta. Les locaux célèbrent les vendanges avec le Vino de Malvasía, un vin blanc doux à déguster après la plongée.
- Hiver (décembre-février) : Moins de plongeurs, mais des rencontres magiques avec les dauphins tachetés près de Los Cristianos. Et Noël ici, c’est des turrones (nougats) et des pestinos (beignets au miel) sur les marchés de La Orotava.
Un détail pratique : en hiver, une combinaison 5mm est recommandée (les locaux plongent en shorty, mais ils ont le sang chaud, littéralement). Et si vous venez en février, ne manquez pas le Carnaval de Santa Cruz, le deuxième plus grand après Rio. Imaginez des plongeurs déguisés en sirènes participant aux défilés… ça existe.
Resorts avec clubs de plongée intégrés : le luxe de ne pas porter ses bouteilles
Si l’idée de combiner plongée et hébergement dans un resort avec club de plongée intégré vous tente, Tenerife a quelques pépites. Le Hotel Riu Palace Tenerife (à Costa Adeje) propose des forfaits avec Dive Center Tenerife : chambre + 5 plongées à partir de 800€ la semaine. L’avantage ? Vous sortez de votre chambre, vous marchez 100 mètres, et hop, vous êtes sur le bateau. Leur spot phare : la Reserva Marina de la Palma (oui, c’est à La Palma, mais ils organisent des excursions), où les coraux noirs et les langoustes sont rois.
Pour une ambiance plus intimiste, le Bahía del Duque (à Playa del Duque) collabore avec Ocean Lava pour des plongées privées dans la Reserva de la Tierra del Trigo, un site protégé où les angelotes (squatiniformes) dorment sur le sable. Le resort a même un restaurante submarino (métaphoriquement parlant) : le El Bernegal, où le chef Dámaso prépare un sancocho canario (ragoût de poisson) avec les prises du jour. Un conseil : demandez une table en terrasse au coucher du soleil. Vous comprendrez pourquoi les Canariens appellent cela « la hora azul ».
Plonger comme un local : les secrets que les brochures ne vous diront pas
Premier secret : les Canariens plongent tôt. Très tôt. 7h du matin, c’est l’heure où l’eau est la plus calme et où vous aurez les sites pour vous tout seul. Deuxième secret : ils ne jurent que par les zapatillas de buceo (chaussons de plongée locaux, en néoprène épais) pour éviter les coupures sur les rochers volcaniques. Troisièmement : ils connaissent les jours de « marea viva » (marées vives) et évitent de plonger ces jours-là, sauf pour les spots comme El Puertito, où les courants attirent les tiburones ballena (requins-baleines) en migration.
Enfin, si vous voulez vraiment vous fondre dans le paysage, apprenez ces trois phrases : « ¿Dónde hay buen buceo hoy? » (« Où est-ce qu’il y a une bonne plongée aujourd’hui ? »), « ¿Ves tortugas? » (« Tu vois des tortues ? »), et « Una cerveza bien fría, por favor » (« Une bière bien fraîche, s’il te plaît »). Avec ça, vous serez adopté par les plongeurs locaux avant même d’avoir enfilé votre combinaison. Et qui sait ? Peut-être qu’on vous emmènera à La Restinga (à El Hierro, mais bon, les Canariens voyagent entre îles comme on prend le métro), où les fondos marinos (fonds marins) sont parmi les plus préservés d’Europe.
Les Canaries, bien plus qu’un archipel ensoleillé : une mosaïque de feu, d’eau et de traditions tenaces
Quand on évoque les îles Canaries, l’image d’Épinal colle souvent à la peau : des plages de sable volcanique fouettées par l’alizé, des resorts tout inclus où l’on sert des papas arrugadas (ces pommes de terre ridées, cuites dans l’eau de mer et accompagnées de mojo picón) à côté de paellas douteuses, et des touristes nord-européens en quête de soleil hivernal. Mais creusez un peu, et vous découvrirez un territoire où le souffle du Teide se mêle aux chants des tajarastes (ces berceaux guanches, premiers habitants de l’archipel), où les villages de La Gomera communiquent encore par sifflements (el silbo gomero, langue sifflée classée par l’UNESCO), et où les fonds marins de Fuerteventura abritent des jardins de sebadales (herbiers de posidonies) aussi vitaux que méconnus.
Prenez Tenerife, par exemple. Au-delà des foules du Siam Mall ou des excès de Playa de las Américas, l’île révèle une âme sauvage dans son parc national du Teide, où les tajaras (ces formations rocheuses sculptées par les vents) semblent veiller sur les randonneurs ébahis. Les guachinches—ces petits restaurants familiaux souvent installés dans des garages—servent des plats comme le conejo en salmorejo (lapin mariné dans une sauce à l’ail et au vin) ou le gofio (farine de céréales grillées, héritage guanche), bien loin des menus standardisés des zones touristiques. Et puis, il y a ces fêtes comme la Romería de San Roque à Garachico, où les chars tirés par des bœufs défilent au rythme des tajarras (tambours traditionnels), et où l’on boit le vino de tea (vin aromatisé aux feuilles de retama, un arbuste local) comme on le faisait il y a trois siècles.
À La Gomera, l’île ronde et boisée, le temps semble s’être arrêté dans les barrancos (ravins) de la Valle Gran Rey ou sur les sentiers de El Cedro, où la laurisilva—une forêt primaire humide—crache une brume persistante qui nourrit les légendes. Les artisans y sculptent encore des cerámicas negras (poteries noires typiques) et tissent des telares (tissus traditionnels) aux motifs géométriques hérités des Guanches. Ici, pas de stations balnéaires, mais des villages comme Agulo, accrochés à flanc de falaise, où les anciens jouent aux damas (dames) sur la place centrale en regardant les jeunes partir vers Las Palmas ou Santa Cruz chercher du travail. L’île respire une mélancolie douce, celle des lieux qui résistent—tant bien que mal—à l’assaut du moderne.
Et puis, il y a l’océan, ce géant bleu qui unit et sépare les îles. Les fonds marins des Canaries sont un monde à part, où les plongeurs de Tenerife Diving croisent des angelotes (raies pastenagues) près des récifs de Los Gigantes>, ou où les scientifiques de Red Promar étudient la migration des baleines pilotes dans le détroit entre La Palma et El Hierro. Mais attention : ici, la mer n’est pas toujours clémente. Les courants près de Famara (à Lanzarote) ou de Cofete (à Fuerteventura) ont avalé plus d’un imprudent, et les pêcheurs locaux, comme ceux de La Restinga, racontent encore comment l’El Hierro a vu naître un volcan sous-marin en 2011, rappelant que l’archipel est vivant, littéralement.
Alors, avant de boucler vos valises pour un todo incluido à Puerto del Carmen, posez-vous la question : et si les Canaries étaient bien plus qu’une escale ensoleillée ? Voici quelques pistes pour explorer l’archipel como un local—ou du moins, pour éviter les pièges à touristes :
- Goûtez aux quesos asados grillés (fromages de chèvre frits) dans une guachinche de Tacoronte, arrosés d’un vino malvasía des vignobles de Lanzarote—et oubliez la sangria.
- Perdez-vous dans les montañas de Anaga (Tenerife), où les sentiers de randonnée serpentent entre des dragos millénaires (ces arbres-dragons emblématiques) et des hameaux comme Taganana, accessible seulement à pied.
- Assistez à une bajada de la Virgen (comme celle de Los Reyes à La Palma), où la statue de la Vierge descend de sa montagne tous les cinq ans, suivie par des milliers de fidèles en habits traditionnels—un mélange de ferveur et de folklore unique.
- Plongez avec les seahorses (hippocampes) de El Cabrón (Gran Canaria), un spot de snorkeling méconnu où les eaux turquoise abritent une biodiversité stupéfiante—et bien moins fréquenté que les plages de Maspalomas.
- Achetez un tiple (petit instrument à cordes) ou une cerámica de La Atalaya (poterie de Gran Canaria) directement chez l’artisan—et négociez le prix avec un sourire, c’est de mise.
